Tout autour des Halles quand finissait la nuit

PAR Sandrine

Sur le thème de la seconde guerre mondiale, “Tout autour des Halles quand finissait la nuit” de Gérard Landrot, éditée par l’Éditeur, est un livre qui nous ramène au cœur de Paris de l’occupation à la libération. Il nous rappelle qu’en temps de guerre, même celui qui souhaite seulement survivre tant bien que mal, doit faire des choix parfois malheureux.

Résumé du livre par l’Éditeur :

“Après avoir été violée par son oncle, Hermine S., dite Mimine, se retrouve pensionnaire d’une maison close du quartier des Halles à Paris. Mais, n’ayant ni goût ni talent pour son nouveau métier, elle accepte de devenir la concierge du 62, rue Montorgueuil. C’est de ce poste d’observation qu’elle traverse la drôle de guerre, l’Occupation et la Libération. Le récit, écrit à la première personne, dépeint la vie quotidienne sous la botte allemande, du marché noir à la rafle du Vel’ d’Hiv’ ; raconte la résistance, la collaboration, l’épuration et ses cortèges de femmes tondues… Écrit dans une langue gouailleuse et imagée, Tout autour des Halles, quand finissait la nuit met en scène le petit peuple d’un Paris disparu, décrit par une femme drôle et bouleversante.”

La petite histoire :

Mimine nous raconte son vécu, on l’écoute, mais on entre pas dans cette histoire comme dans un conte.

Mimine est une femme au fond simple et gentille, elle ne souhaite de mal à personne et se contente de ce que lui apporte la vie. Elle est presque autant spectatrice que nous, de ce qui lui arrive. Elle se trouve à faire de la résistance malgré elle, avec sa bonté naturelle, puis à commettre quelques petits actes de collaborations tout autant malgré elle, pour ne pas s’attirer les foudres d’un inspecteur mal intentionné. Elle profite de ce qui lui tombe sur la main et prend les conseils où elle peut. L’injustice de ce qu’elle voit, ne l’indiffère pas mais elle reste en retrait, ne s’impliquant pas vraiment. Après tout qu’aurait-elle pu faire ?

Et nous qu’aurait-on fait à sa place ? Aurait-on eu plus de cran à entrer dans une résistance active ou aurait-on suivi la propagande ? J’espère au moins que l’on aurait été comme Mimine, elle est humaine et s’évertue juste à survivre…

L’après guerre, la fin de l’occupation, montre une autre face de la France de l’époque, celle de la vengeance, encore des injustices… Mimine payera très cher ces erreurs en élargissant le rang des tondues.

Mon avis sur le livre :

On a l’habitude quand on lit un livre sur la guerre de 39-45, d’avoir des personnes dont l’implication dans la résistance est presque irréprochable, avec des trahisons brulantes et douloureuses… Ce livre approche la guerre sous une autre facette, pas moins légère car on partage les drames que l’on peut imaginer d’une guerre avec l’occupation, les rationnements… Mais Mimine suit simplement son train-train de chemin dans son immeuble, devant faire face au tracas de l’occupation avec les habitants de son immeuble.

Le bémol, que je mettrais à ce livre, est le style de la narration aux accents d’un ancien français sorti de la campagne. Cette originalité voulue ne m’a pas séduite. De plus, j’ai trouvé le ton monocorde.